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promouvoir l'œuvre de Itsuo Tsuda

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C'était essentiellement au mois de mai qu'Itsuo Tsuda faisait ses calligraphies. Quand on lui demandait pourquoi il les faisait au mois de mai, il disait : « c’est le printemps ! »

Il avait déjà fait de la calligraphie au Japon. Quand il est arrivé en Europe, il a tracé quelques petites choses, mais le papier qu'il trouvait n'était pas adapté, donc il écrivait plus qu'il ne calligraphiait. Et puis il a eu envie d'exprimer quelque chose à travers la calligraphie.

Il qualifiait toujours ses calligraphies de « calligraphies amateur ». Au Japon, ce n’est pas la calligraphie-que-font-des-amateurs, c'est celles faites par les maîtres Zen par exemple, ou les maîtres d’Ikébana, de Sabre… il font passer un enseignement à travers elles.

C'était le cas de Maître Ueshiba. Il les signait d’ailleurs avec un nom différent. Donc pour Maître Tsuda c’était une transmission d’un enseignement à travers un tracé, c’était transmettre quelque chose.

Il a commencé à en tracer sur papier de riz, mais comme il disait, ce papier est très fragile s'il n'est pas encollé, il s’abîme vite… malheureusement, il ne trouvait personne en France dans les années 70 qui exerçait ce travail d'encollage. C'est pourquoi il a décidé d'utiliser la technique du Batik, et c'est cette technique qu'il garda par la suite pour la plupart des calligraphies qu'il réalisa.

Donc, au mois de mai il se préparait, en quelque sorte, et traçait ses calligraphies. Et il en a fait tous les ans, pendant un certain nombre d’années. Il n’en faisait pas beaucoup, peut-être une vingtaine, pas plus.

Cependant, Maître Tsuda n'utilisait pas la technique du Batik de façon classique : normalement, on remplit un endroit minutieusement et ensuite on teint… lui trempait son pinceau à calligraphie dans la cire chaude et devait réussir à tracer avant que la cire ne sèche. Cela afin de conserver l'acte de tracé qu'on trouve dans la calligraphie traditionnelle : on prépare l’encre et puis on trace. C’est un geste unique, sans interruption.

Quand il expliquait sa technique, il disait que c’était très difficile et qu'au départ il avait beaucoup raté. Cependant, c’était le seul système qu’il avait trouvé pour pouvoir, en Occident, en laisser une trace.

Maître Tsuda teignait lui-même les tissus, en général soit dans une espèce de bleu que je qualifirais de « bleu japonais », soit dans une espèce de brun-rouge ou bien encore dans un bleu sombre. Il utilisait uniquement ces trois couleurs et chaque année en choisissait une - pourquoi telle année il faisait telle couleur et telle année telle autre ? Cela, il ne l'a jamais expliqué - ensuite, il retirait la cire au fer à repasser, avec du papier buvard. La calligraphie était alors prête.